Les web services du Géoportail au cœur du nouveau fichier écologique des essences

Désormais accessible via une application web, le nouveau fichier écologique des essences fait entrer la gestion des forêts et des espaces naturels dans une nouvelle ère ou où les nouvelles technologies et l’information cartographique consolidée par le Service public de Wallonie démontrent toute leur utilité.

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Les web services du Géoportail de la Wallonie au cœur du nouveau fichier écologique des essences

Il y a quelques semaines encore, un agent du Département de la Nature et des Forêts du Service public de Wallonie, qui souhaitait faire appel au fichier écologique des essences, devait consulter deux ouvrages volumineux rédigés il y a plus de 25 ans. Depuis le 1er aout, cette manière de faire est révolue. Une nouvelle version du fichier écologique des essences a vu le jour. Fruit d’une collaboration étroite entre divers partenaires : académiques, institutionnels mais aussi associatifs, la version 2.0 est accessible en ligne et constitue une véritable révolution. Tant sur la forme : accessibilité en ligne, localisation des parcelles, utilisation des webservices du Géoportail … que sur le fond : vision décloisonnée de l’utilité des forêts, prise en compte de l’impact du réchauffement climatique …

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Fichier écologique des essences : Kezako ?

La fonction première du fichier écologique des essences est d’être un outil d’aide à la décision pour le gestionnaire d’un espace forestier ou d’un espace naturel. Au moment d’envisager la plantation d’un nouvel espace ou lorsqu’il souhaite analyser une zone déjà plantée, l’intéressé bénéficiera, via la consultation du fichier, d’une aide pour le choix des essences et/ou d’un diagnostic sur l’adéquation entre la parcelle et son usage (production de bois, protection du sol …).

La richesse scientifique de l’outil en fait aussi une base de travail non négligeable pour les chercheurs, naturalistes et amoureux de la nature.

Concrètement, le fichier est constitué de nombreuses informations telles que :

  • fiches détaillées sur chaque essence recensée,

  • cartographie et situation détaillée de chaque parcelle,

  • analyse du sol,

  •  aptitude climatique …

 

8 ans de réflexion

C’est en 2009, dans la foulée de l’entrée en vigueur du nouveau code forestier (2008), que la communauté académique et le service public envisagent le renouvellement du fichier. A l’époque, formaliser la mise à jour du document n’est pas le fruit du hasard. Quatre éléments majeurs soutiennent cette décision.

L’évolution des connaissances

Depuis 1991, date de lancement du premier fichier et aujourd’hui, plus de 25 ans se sont écoulés. Durant cette période, les connaissances sur le sujet ont fortement  progressé.

La transformation du milieu forestier

Les conditions qui influent sur l’exploitation, le développement et la conservation des zones forestières ont évolué. Des phénomènes nouveaux liés notamment aux changements climatiques, à la pollution ou encore aux méthodes d’exploitation sont apparus.

L’évolution technologique

Aujourd’hui, les nouvelles technologies (Internet, smartphone, géolocalisation, ….) sont devenues des outils du quotidien. Elles sont à l’origine de nombreuses avancées  et offrent des perspectives intéressantes.

L’évolution de la perception de la forêt

Biodiversité, développement durable, exploitation responsable, protection de la nature… Tous ces concepts ont désormais trouvé leur place au sein du monde forestier.  La fonction de production n’est plus la seule prise en compte. Dans une approche multifonctionnelle de la forêt, elle se combine aux autres fonctions (protection du sol, accueil du public, …).

 

4 acteurs majeurs dont le Service public de Wallonie

Autour de la table, dans le contexte de l’Accord cadre de Recherches et Vulgarisation forestières, on retrouve quatre acteurs majeurs : l’a.s.b.l. Forêt Wallonne, l’université de Liège - Gembloux Agro-Bio tech, l’université de Louvain et le Département de la Nature et des Forêts du Service public de Wallonie.

En ce qui concerne le fichier écologique, les 4 partenaires se sont retrouvés régulièrement au sein de groupes de travail. Les avancées des travaux ont été soumises à des comités techniques et à un comité de pilotage accompagnant l’Accord cadre.

On soulignera l’énorme travail de synthèse réalisé par les deux acteurs académiques du projet, chaque essence faisant l’objet d’une fiche très détaillée.

 

L’information géographique et les web services du Géoportail au cœur du fichier

Si les fiches essences constituent le cœur du fichier, il est un autre élément essentiel sur lequel se base l’application : les données géographiques et les webservices du Géoportail. En effet, le résultat de chaque requête adressée au système repose sur l’analyse réalisée en temps réel d’une série d’informations géographiques et cartographiques accessibles depuis le Géoportail de la Wallonie. Parmi ces données, majoritairement produites et consolidées par le Département de la Nature et des Forêts, on retrouve notamment : le nouveau découpage bioclimatique de la Wallonie, les niveaux trophiques, les niveaux hydriques, les apports d’eau,…

Il est aussi intéressant de signaler que le site Web permet de se localiser instantanément sur une carte pour aboutir rapidement, après une succession d’analyses, à une suggestion d’essences. Si la carte utilisée propose un fond de plan dit « cartoweb » issu de l’Institut Géographique National, les autres couches disponibles (orthophotos, cours d’eau, Natura 2000, plan de secteur, …) sont toutes disponibles grâce aux web services du Géoportail.

 

Avantages de la nouvelle version

Comme déjà évoqué, l’évolution la plus visible est sans aucun doute le passage d’une version papier à une version électronique. Il ne s’agit plus de manipuler et d’interpréter une série de fiches mais bien de formuler en ligne une requête qui est facilitée et améliorée par la puissance de calcul et la centralisation des données disponibles.

Mais, l’accessibilité en ligne n’est pas la seule évolution majeure, on retiendra également les éléments suivants :

Ajout d’un niveau d’aptitude pour les essences.

Pour s’accorder sur l’intérêt d’une essence, le fichier ne se base plus exclusivement sur la notion de production de bois. Une essence pourra être jugée tout aussi pertinente en se basant sur une série de critères objectifs dont notamment son impact positif sur l’écosystème. Pour refléter cette nouvelle manière d’analyser les choses, l’échelle de prise en compte, appelée aptitude des essences, qui comptait au préalable 3 niveaux en compte désormais 4.

Niveaux d'aptitude des essences
Niveau

Production

de bois d'oeuvre

Utilisation
Optimum Oui Sans restriction
Tolerance Oui En tenant compte des contraintes identfiées
Tolérance élargie Non Uniquement en accompagnement pour des raisons écologiques ou sylvicoles
Exclusion Non  Proscrite

Découpage bio climatique, écogramme et niveau d’aptitude

On vient d’évoquer l’importance des données produites par le Service public de Wallonie dans la conception du nouveau fichier.  Cela se matérialise notamment par les nouveaux éléments que sont le nouveau découpage bioclimatique de la Wallonie (10 zones – 59 indicateurs), ou encore un écogramme à trois dimensions (climatique, hydrique et trophique) qui permet d’attribuer un niveau d’aptitude à chaque essence.

Elargissement des critères de réflexion et d’analyse

 A côté des éléments précités, il faut souligner que de manière générale, le fichier a été complété pour proposer un panel de réflexion plus large, permettant à l’outil d’affiner le résultat proposé. Les contraintes potentielles à la croissance d’une essence font par exemple l’objet d’une rubrique spécifique, facilitant ainsi le travail d’analyse et de positionnement. Autre exemple, la situation de chaque espèce face aux changements climatiques fait aussi l’objet d’une rubrique dédiée.

Complément d’information par l’utilisateur.

 Après avoir identifié sa parcelle, on notera aussi que l’utilisateur ayant obtenu une première série de résultats peut compléter les informations fournies avec des informations complémentaires (acidité du sol …) en vue d’être encore plus précis et faciliter ainsi sa décision.

 

Et l’humain dans tout cela ?

En conclusion, il est indéniable que le nouveau fichier écologique des essences constitue une belle (r)évolution qui met en avant tant l’utilité et l’importance des nouvelles technologies et de l’information cartographique que le savoir-faire des partenaires du projet et notamment du Service public de Wallonie lorsqu’il s’agit de produire et consolider des données.

L’asbl Forêt Wallonne, gestionnaire du projet, dispense actuellement des formations et sensibilise les personnes concernées à l’existence de l’outil. Cette période de mise à disposition permettra d’améliorer l’outil et confirmera plus que probablement sa plus-value et son importance.

Et si certains se posent la question d’une possible diminution de l’intervention  humaine dans le processus, les acteurs à l’origine du projet rappellent que le fichier écologique des essences reste avant tout un outil. Sa mise en œuvre, l’actualisation de ses données et l’utilisation des résultats qu’il produit nécessitera toujours la connaissance, l’expérience et la réflexion des  gens de terrain.      

 

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