La carte et l'échelle

Plus que de lire une carte ou un plan, il faut être capable de les comprendre. Focus sur les éléments de base qui vous aideront à interpréter correctement une carte ou un plan : titre, échelle, légende, …

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La carte et l'échelle

Qu’on la consulte de manière digitale via son smartphone ou son ordinateur ou qu’elle soit accessible au bon vieux format papier, cela paraît simple de lire une carte : les rivières en bleu, les forêts en vert,  …

Cependant, au-delà de ce qui semble évident, il semble utile de passer en revue les éléments indispensables à la bonne compréhension d’une carte.

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Une carte n’est pas un plan !

Nombreux sont ceux qui l’ignorent mais une carte n’est pas un plan et inversement.  Pour expliquer la différence entre les deux, on évoque souvent l’échelle, c'est-à-dire le rapport retenu entre la réalité et sa représentation cartographique. C’est en partie vrai. Mais il y a une autre explication qui veut que lorsqu’on exécute la représentation d’une surface restreinte (Terrain à bâtir, Quartier, …)  où l’aspect sphérique de notre planète a très peu d’impact sur la réalisation, on parle de plan. Tandis que si on illustre une grande étendue (Wallonie, Belgique, Europe,  …) de la terre où l’aspect sphérique de cette dernière influence le dessin, on parle de carte.

Dans les lignes qui suivent, le terme « carte » a été préféré au mot « plan » mais le contenu du présent article s’applique aussi à la lecture d’un plan.

 

Représentation conventionnelle

Lorsqu’il réalise une carte, son auteur va utiliser un langage, généralement conventionnel, permettant à l’utilisateur de comprendre l’information géographique représentée.  Interpréter une carte revient donc à comprendre et à maîtriser la langue visuelle et/ou technologique retenue par son créateur pour traduire et interpréter les choses. Les éléments qui suivent sont destinés à attirer votre attention sur les points principaux à considérer en vue de comprendre les intentions de l’auteur et déchiffrer la carte.

 

Premiers points d’attention

Avant toute chose, il s’agit de répondre à la question « Quoi », « Qui » et « Quand » .

Quoi : Titre et thème

Le titre et le thème permettent d’identifier l’objet de la carte. A leur lecture, on prend connaissance de ce qui est représenté (Wallonie, Ville de Namur, Zones « Natura"). Et, si la carte ne se veut pas généraliste, son thème précisera ce qui est mis en évidence (transport, environnement,…).

 Qui  : Auteur

Au moment de s’attarder sur une carte on oublie souvent de s’arrêter sur son auteur. Cela peut paraître anodin, mais dans certains cas, la manière dont l’auteur où son commanditaire conçoit la carte influencera fortement le contexte et la représentation qui sera faite des choses. Pour illustrer ce principe, il suffit simplement  de se projeter au temps de la guerre froide et de se pencher sur une carte du monde réalisée par l’empire soviétique ou sur une carte du monde réalisée par l’Oncle Sam.

Quand : Date

Quand c’est possible, consulter les sources et les références du document et s’informer de la date apporte un éclairage utile et permet de situer sur la ligne du temps l’information visible.

Il est toutefois important de bien faire la distinction entre la date d’édition de la carte et la date des données représentées.

Par exemple : une carte historique peut très bien dater de 1915 et représenter les forces en présence sur le site de la bataille de Waterloo qui s’est déroulée un siècle plus tôt.

 

L’échelle

Une carte c’est avant tout la représentation, souvent réaliste, parfois imagée, de la totalité ou d'une partie du globe. Quelle que soit la zone illustrée, il est presque inconcevable techniquement  et idéologiquement absurde de faire correspondre les mesures observées et la représentation de celles-ci (Echelle 1/1). On réduira donc proportionnellement la représentation et on indiquera,  via l’échelle, la réduction opérée. L’échelle est donc le rapport entre  la distance sur la carte et la distance réelle mesurée sur le terrain.

Par exemple, le projet informatique wallon de cartographie continue ou PICC est réalisé à l’échelle 1/1000. Cela signifie que 1 centimètre sur la carte représente en réalité 1000 centimètres (10 mètres) sur le terrain.  Si on illustre cet exemple, on en déduit que dans le cadre du PICC, un terrain de football mesurant 100 mètres sur 50 mètres a une longueur de 10 centimètres et une largeur de 5 centimètres sur la carte.

Enfin, il est utile de rappeler que plus l’échelle est « grande » (1/20, 1/100,…) plus la carte peut être détaillée. Cela implique automatiquement que l’étendue représentée sera plus petite.

 
Le syndrome de la roulette

Avant de poursuivre, il faut évoquer ce phénomène apparu récemment. Depuis la digitalisation des données géographiques et leur mise en ligne via diverses applications et outils,  tout le monde peut être atteint du syndrome de la roulette. Ce dernier consiste à zoomer le plus possible (au moyen de la roulette de la souris, d’où le nom du syndrome !) sur le point de la carte que l’on observe et cela au détriment des limites fixées par l’échelle arrêtée pour réaliser la carte. En outrepassant l’échelle optimale choisie par le créateur, on risque d’altérer la visibilité des symboles et objets présents sur la carte mais aussi et surtout la compréhension et la lecture de l’information. 

 

La légende

La légende c’est le langage imagé utilisé par l’auteur de la carte pour représenter les éléments qui y figurent. Il s’agit d’une liste reprenant toutes les représentations reprises sur la carte en ce compris toutes les classifications (épaisseurs, couleurs, échelles…). En fonction du degré de précision de la carte, la légende sera donc plus au moins fournie. Il est évident qu’une carte destinée à la randonnée sera différente d’une carte ayant pour objet de situer les villes de plus de 10.000 habitants.

Pour déchiffrer facilement la légende, il est conseillé de garder à l’esprit les premiers points d’attention précités (titre, thème, auteur et date) et de débuter par l'identification des figures principales avant de rentrer dans le détail.

Généralement, la légende comportera 3 types d’éléments : les figures géométriques ou symboles, les traits et les aplats.

Les figures géométriques ou symboles

Les figures géométriques ou symboles permettent de localiser un point précis sur la carte. L’exemple le plus fréquent est celui de la croix qui désigne une chapelle ou une église ou encore la figure du rond qui indique la présence d’une ville. Attention, dans de nombreux cas, la taille de la figure a aussi une signification. Une grande forme peut évoquer l’importance d’un lieu. Cette importanc peut être qualitative (situation stratégique, politique, …) ou quantitative (nombre d’habitants, superficie, …).

La lecture de la légende est donc essentielle pour connaître la signification de chaque figure.

Les traits

Les traits ont plusieurs utilisations :

  • le trait est utilisé en guise de « séparation »  pour illustrer une limite entre deux entités (pays, régions, villes, … );
  • on fait appel au trait pour schématiser les voies de communication telles que les routes, les sentiers,… Comme pour les symboles, l’épaisseur du trait peut influer sur sa signification et son interprétation;
  • donner du relief à la représentation plane grâce aux courbes de niveaux. On retiendra essentiellement des ces courbes que plus sont proches l’une de l’autre, plus le dénivelé de la zone est important.

On retrouve aussi les traits dans le cadre d’une carte dynamique pour représenter le mouvement ou la circulation. Dans ce cas, on fait appel à des traits particuliers comme par exemple des traits discontinus ou encore des flèches.

Les aplats

Un aplat couvre une zone déterminée de la carte en vue de lui donner une signification ou de lui attribuer une valeur. C’est sans doute l’élément le plus codifié. Il est effectivement rare de représenter une zone boisée en violet où une étendue d’eau en jaune. Dans certains cas, la nuance de la couleur varie afin d’exprimer l’intensité ou la valeur d’un phénomène (bruit, densité, …).

La légende se construit donc principalement autour des ces trois éléments que sont les symboles, les traits et les aplats. Cependant, la cartographie reposant essentiellement sur des règles non écrites et fluctuantes, l’auteur de la carte est libre de ses choix. Aussi, il est recommandé de s’imprégner correctement de toutes les composantes d’une légende avant de s’immerger dans la carte qu’elle accompagne.

In fine, et même si avec l’arrivée de la cartographie en ligne, les créateurs tentent de plus en plus de rendre la lecture d’une carte intuitive, il ne faut pas hésiter à prendre le temps de s’informer sur les éléments qui permettent d’interpréter et de comprendre exactement et correctement ce qu’on a sous les yeux.